Les mots sont inutiles Les gestes, eux, sont fébriles La parole n'est plus à moi Puisque ma voix est basse Je dois remplir l'espace Mon enfant est parti avant moi J'ai beau essuyer la glace Y a quelqu'un à ma place Qui a ma forme, qui a ma voix Et si le bon Dieu existe Dites-lui où sont mes pistes Il ne sait pas que je suis là C'est là que commence mon voyage Mon corps contourne les nuages Les blancs, les noirs, je ne sais pas Je continue de croire, De m'inventer de l'espoir Car il le faut Je te le dois Enfin dans un demi-sommeil Repos des souvenirs en veille Je n'entends pas venir le matin En ouvrant les yeux C'est le jour Le même bleu, le même soleil Qu'il y avait sur tes dessins Dans les lueurs de l'aube Se dessine l'ébauche de l'avenir De la vie sans toi La paix de cette lumière, Je la trouve sincère Car c'est à toi que je la dois Je dois poursuivre mon voyage Apprendre à percer les nuages Pour voir plus loin, bien au-delà, Par-delà les nuages Dans ce pays sans âge Où je te sais, où je te crois Enfin dans un demi-sommeil Repos des souvenirs en veille Je n'entends pas venir le matin En ouvrant les yeux C'est le jour Le même bleu, le même soleil Qu'il y avait sur tes dessins Et puis il y a les autres, Ce destin qui est le nôtre Mon enfant est parti avant moi